I want you to know one thing.
You know how this is:
if I look
at the crystal moon, at the red branch
of the slow autumn at my window,
if I touch
near the fire
the impalpable ash
or the wrinkled body of the log,
everything carries me to you,
as if everything that exists,
aromas, light, metals,
were little boats
that sail
toward those isles of yours that wait for me.
Well, now,
if little by little you stop loving me
I shall stop loving you little by little.
If suddenly
you forget me
do not look for me,
for I shall already have forgotten you.
If you think it long and mad,
the wind of banners
that passes through my life,
and you decide
to leave me at the shore
of the heart where I have roots,
remember
that on that day,
at that hour,
I shall lift my arms
and my roots will set off
to seek another land.
But
if each day,
each hour,
you feel that you are destined for me
with implacable sweetness,
if each day a flower
climbs up to your lips to seek me,
ah my love, ah my own,
in me all that fire is repeated,
in me nothing is extinguished or forgotten,
my love feeds on your love, beloved,
and as long as you live it will be in your arms
without leaving mine.
Pablo Neruda
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27 juin 2010
27 juil. 2009
Oui, toi !
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre.
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant.
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre.
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
J'ai tout appris de toi sur les choses humaines.
Et j'ai vu désormais le monde à ta façon.
J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines.
Comme au passant qui chante, on reprend sa chanson.
J'ai tout appris de toi jusqu'au sens de frisson.
J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne.
Qu'il fait jour à midi, qu'un ciel peut être bleu
Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne.
Tu m'as pris par la main, dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux.
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux.
Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes.
N'est-ce pas un sanglot que la déconvenue
Une corde brisée aux doigts du guitariste
Et pourtant je vous dis que le bonheur existe.
Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.
Terre, terre, voici ses rades inconnues.
Louis Aragon, Le roman inachevé.
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant.
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre.
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
J'ai tout appris de toi sur les choses humaines.
Et j'ai vu désormais le monde à ta façon.
J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines.
Comme au passant qui chante, on reprend sa chanson.
J'ai tout appris de toi jusqu'au sens de frisson.
J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne.
Qu'il fait jour à midi, qu'un ciel peut être bleu
Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne.
Tu m'as pris par la main, dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux.
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux.
Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes.
N'est-ce pas un sanglot que la déconvenue
Une corde brisée aux doigts du guitariste
Et pourtant je vous dis que le bonheur existe.
Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.
Terre, terre, voici ses rades inconnues.
Louis Aragon, Le roman inachevé.
7 mai 2009
Le poids d'un chagrin
J'ai reçu, pour mon anniversaire, un livre splendide, de la part d'une fille magique, qui te marque des les premières phrases échangées... et t'attache chaque jour un peu plus, jusqu'à la dépendance totale..... et c'est un tel plaisir !!
Le cadeau en question est un livre pour enfants, mais quel livre ?!?!?
Et tout vert en plus, ma couleur, avec de jolis dessins, des fleurs et des coccinelles.
Je l'ai lu en dinant, au resto, avec ma bande de fidèles, et je n'ai pas pu retenir mes larmes:
La petite histoire, C'est MOI !!
Le poids d'un chagrin
Autrefois, j'étais bien, j'étais heureux...
Et le chagrin est arrivé.
Un gros chagrin. Et moi je suis petit.
Un chagrin si gros qu'il m'a dépassé, submergé, dévoré.
Un chagrin si lourd à porter que pour m'en sortir, j'ai dû le grignoter à mon tour.
Alors j'ai mangé, mangé, mangé.
Il reculait.
Je me croyais libéré.
Alors je continuais, continuais, continuais.
Et un jour, le chagrin je ne l'ai plus vu. Il avait disparu.
Mais il restait quelque chose, quelque chose au fond de moi.
Je ne savais pas dire quoi.
Je n'étais plus aussi heureux qu'avant, j'étais différent.
J'étais devenu plus gros qu'un chagrin.
Il pouvait revenir, je n'avais peur de rien.
Cette fois il ne m'écraserait pas.
Mais celui que je voyais dans la glace ne me ressemblait plus.
J'étais devenu mon inconnu.
Il n'y avait plus de chagrin à manger alors j'en cherchais:
La moindre larme , je la buvais.
Je t'ai rencontrée.
Je t'ai entendue rire.
De grands éclats de rire, des éclairs à la gaieté.
Tous frais, tous doux et tous sucrés.
Et ce rire, je l'ai goûté.
J'ai adoré.
Plus ton rire entrait en moi, et plus le chagrin trop englouti ressortait.
Je n'avais plus besoin de grosse armure.
Si un chagrin revenait, je lui lançais des éclats de rire, du bonheur à la volée.
Le chagrin c'est tout léger, face au poids de la félicité.
Maintenant lorsque je me regarde, je me reconnais.
Je suis celui qui aime quand tu ris.
Je suis celui d'autrefois, celui qui va bien.
Je suis heureux.
Un chagrin, même un gros chagrin peut s'approcher.
Maintenant je suis prêt.
Le cadeau en question est un livre pour enfants, mais quel livre ?!?!?
Et tout vert en plus, ma couleur, avec de jolis dessins, des fleurs et des coccinelles.
Je l'ai lu en dinant, au resto, avec ma bande de fidèles, et je n'ai pas pu retenir mes larmes:
La petite histoire, C'est MOI !!
Le poids d'un chagrin
Autrefois, j'étais bien, j'étais heureux...
Et le chagrin est arrivé.
Un gros chagrin. Et moi je suis petit.
Un chagrin si gros qu'il m'a dépassé, submergé, dévoré.
Un chagrin si lourd à porter que pour m'en sortir, j'ai dû le grignoter à mon tour.
Alors j'ai mangé, mangé, mangé.
Il reculait.
Je me croyais libéré.
Alors je continuais, continuais, continuais.
Et un jour, le chagrin je ne l'ai plus vu. Il avait disparu.
Mais il restait quelque chose, quelque chose au fond de moi.
Je ne savais pas dire quoi.
Je n'étais plus aussi heureux qu'avant, j'étais différent.
J'étais devenu plus gros qu'un chagrin.
Il pouvait revenir, je n'avais peur de rien.
Cette fois il ne m'écraserait pas.
Mais celui que je voyais dans la glace ne me ressemblait plus.
J'étais devenu mon inconnu.
Il n'y avait plus de chagrin à manger alors j'en cherchais:
La moindre larme , je la buvais.
Je t'ai rencontrée.
Je t'ai entendue rire.
De grands éclats de rire, des éclairs à la gaieté.
Tous frais, tous doux et tous sucrés.
Et ce rire, je l'ai goûté.
J'ai adoré.
Plus ton rire entrait en moi, et plus le chagrin trop englouti ressortait.
Je n'avais plus besoin de grosse armure.
Si un chagrin revenait, je lui lançais des éclats de rire, du bonheur à la volée.
Le chagrin c'est tout léger, face au poids de la félicité.
Maintenant lorsque je me regarde, je me reconnais.
Je suis celui qui aime quand tu ris.
Je suis celui d'autrefois, celui qui va bien.
Je suis heureux.
Un chagrin, même un gros chagrin peut s'approcher.
Maintenant je suis prêt.
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